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La France et le Golfe arabe
Charles Saint-Prot, Directeur de l’Observatoire d’études géopolitiques a participé au colloque sur « La France et le Golfe arabe », organisé à Abou Dhabi, les 3 et 4 juin 2006, par le Centre de recherché et d’études stratégiques des Emirats arabes unis (ECSSR)sous le haut patronage de Son Altesse le Cheikh Mohammed ibn Zayed Al Nahyan, Prince héritier des EAU, avec la participation de SE Patrice Paoli, ambassadeur de France aux Emirats arabes unis et de nombreux experts français, européens et arabes.
Charles Saint-Prot a présenté une communication sur le thème : « Le rôle de la France dans le Golfe arabe ».
Résumé :
Le Golfe arabe est une région stratégique. C’est aussi une région vulnérable qui se trouve, une fois de plus, dans une période de tension. Les défis à relever sont nombreux et les pays du Golfe arabe ont besoin de consolider leur coopération avec des alliés sûrs. Les pays du Golfe arabe sont au carrefour de la nation arabe et de l’Iran. C’est une région stratégique pour la production d'hydrocarbures. Et nous savons que le pétrole et le gaz continueront à représenter la pus grande part de la demande mondiale d’énergie durant les prochaines décennies. En outre, une importante voie maritime internationale traverse la région : le détroit d’Ormuz. La région est également une place financière de premier ordre C’est aussi le cœur du monde musulman avec notamment les Lieux Saints de La Mecque et de Médine.
La région du Golfe arabe est une région vulnérable pour deux raisons. D’une part, les six pays du Conseil de coopération du Golfe ont du mal à assurer leur sécurité dans un environnement régional qui est conflictuel (occupation de l’Irak, crise palestinienne, problème du nucléaire iranien). D’autre part, les pays membres du Conseil de coopération du Golfe doivent faire face à la menace du terrorisme. Il faut également tenir compte de l’inquiétude soulevée par le projet américain d’un nouveau « grand Moyen-Orient ».
Dans le contexte actuel, cette région doit relever trois défis : la sécurité, le développement économique et social, le rééquilibrage diplomatique. Les pays arabes du Golfe ont tout intérêt à se tourner vers les autres grands pôles internationaux : l’Asie et l’Europe. La montée en force de nouvelles puissances économiques en Asie offre de vastes perspectives, en particulier avec la Chine et l’Inde. L’accord sur la sécurité, la défense et le commerce, signé entre le Royaume d’Arabie saoudite et la Chine, en mars 2006, constitue un exemple des relations nouvelles entre les pays du Golfe arabe et l’Asie. Par ailleurs, les pays de l’Union européenne sont des partenaires dont le rôle devrait se développer. Mais, compte tenu de la faiblesse de la diplomatie européenne commune, il faut un chef de file qui tire l’Europe vers le haut. Compte tenu de sa politique arabe traditionnelle, la France est bien placée pour promouvoir une coopération globale avec les pays du CCG. Cette coopération ne doit pas être seulement économique mais aussi politique, militaire, culturelle et universitaire. L’objectif doit consister à développer un partenariat stratégique et un exemple de dialogue entre les civilisations.
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