Alger contre la coopération maghrébine

Par Charles Saint-Prot (juillet - août 2013)

Lors d’une récente visite en Tunisie, j’ai pu constater l’amertume des dirigeants du monde économique, chefs d’entreprises ou syndicalistes, face à la paralysie de l’intégration maghrébine. On sait que l’absence d’union représente chaque année une perte de près de deux points de croissance pour les pays concernés.

La principale cause de cette situation est connue, il s’agit du différend algéro-marocain du fait de l’action d’Alger en faveur du séparatisme au Sahara marocain.

Le 27 juin dernier, le ministre algérien des Affaires étrangères a jeté de l’huile sur le feu en posant des conditions extravagantes à une réouverture des frontières entre l’Algérie et le Maroc, notamment en demandant de reconnaitre que l’Algérie a « une position fixe et irréversible » sur la question du Sahara. Cette déclaration, allant à l’encontre des efforts du Maroc pour faire avancer la coopération et les échanges sud-sud, démontre la mauvaise foi du régime algérien qui ne souhaite ni l’amélioration des relations avec son voisin marocain ni la progression de l’intégration régionale. En posant des conditions insultantes et évidemment inacceptables, Alger bloque donc tout espoir d’aplanir les différends. 

La déclaration du ministre algérien démontre l’entière implication de son pays dans l’affaire du Sahara marocain qui est un conflit artificiel créé de toutes pièces par Alger qui continue d’ailleurs à financer grassement et à manipuler diverses ONG européennes ou états-uniennes  pour faire du lobbyisme au profit du séparatisme au Sahara marocain. Outre la poursuite déraisonnable d’une obsolète stratégie d’hégémonie régionale, la raison du jusqu’au-boutisme des dirigeants algériens est leur manque évident d’enthousiasme à l’idée d’une ouverture des frontières et d’une intégration maghrébine. Les caciques d’un régime adepte d’un immobilisme « brejnévien »ne souhaitent pas que leurs citoyens soient en contact avec un Maroc ouvert et démocratique. Ces dirigeants qui s’enrichissent sur le dos de leur peuple grâce à des trafics de toutes sortes et à la corruption,  ne désirent pas davantage une intégration économique régionale qui poserait des règles de transparence et de bonne conduite en matière de coopération économique. 

Du coup, c’est tout l’ensemble maghrébin qui est victime d’une politique d’un autre âge caractérisée par l’obstination à  ne pas prendre en considération les enjeux actuels et le refus de construire l’avenir de cette région.