Archives Editoriaux

Un nouveau Prince héritier pour l’Arabie saoudite de demain

 

Par Charles Saint-Prot 
Directeur général de l’OEG

L’Arabie saoudite est un régime monarchique dont le pouvoir se transmet aux fils du roi Abdel Aziz Ibn Saoud (restaurateur du Royaume en 1912) encore en vie par ordre d’âge Selon l’article 5 de la Réglementation fondamental du Royaume, promulguée en mars 1992,  l’allégeance (bay’a) se fait conformément au Coran et à la Sunna, au meilleur d’entre eux ». La Réglementation fondamentale  a prévu d’ouvrir tôt ou tard ce droit  à une génération plus jeune mais ce dispositif restait flou et méritait d’être précisé. C’est pourquoi, le roi Abdallah a tenté de donner un cadre institutionnel aux modalités de succession, par  le décret  royal A/ 135 du 19 octobre 2006 qui instaura le Comité de l’allégeance (nizâm hay’at al-bay‘a)  et fixa ses modalités de fonctionnement. Ce dispositif fut précisé en 2007 par la promulgation d’un règlement d’application. Le Comité de l’allégeance est constitué de 35 membres de la descendance d’Abdel Aziz et son règlement d’application concilie l’héritage juridique islamique (la bay’a) et les procédures du droit positif moderne.  

 

Sahara marocain : une nouvelle dynamique ?

 Charles Saint-Prot, Directeur général de l’OEG

Le texte de la résolution 2351 du Conseil de sécurité sur le conflit du Sahara marocain, adoptée à l’unanimité vendredi 28 avril 2017, reprend les principaux points du rapport du nouveau secrétaire général Antonio Guterres qui veut sortir de l’immobilisme et des positions ambigües de son prédécesseur pour créer une nouvelle  dynamique de paix. Cette dynamique devrait être accentuée par le remplacement de l’envoyé spécial au Sahara marocain, Christopher Ross, qui fut surtout le véritable porte-parole du régime algérien contre les droits nationaux du Maroc, par une personnalité plus crédible, Horst Köhler.

L’Etat-nation face à l’Europe des tribus

Par Thierry Rambaud Professeur des universités

C’est un bel essai de défense vigoureuse de l’Etat nation que vient de publier Charles Saint-Prot (L’Etat nation face à l’Europe des tribus, Le Cerf, 2017). On reconnaîtra, tout d’abord, à l’auteur deux qualités essentielles : la défense d’une vraie thèse, celle du risque de délitement de l’Etat nation que ferait encourir à la France la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, et la force d’une ferme conviction patriotique qui fait aujourd’hui bien souvent défaut, tant l’Etat est enserré et dépassé à la fois par l’Europe et par les régions.  D’une plume alerte et vigoureuse, l’auteur étaie sa thèse autour de courts chapitres stimulants et de termes combattifs et engagés : « les origines douteuses de l’eurofédéralisme », « quand les politiciens bradent la nation », « les lobbies particularistes contre le bien commun », « bienvenue au Moyen-âge »…  On retiendra particulièrement cette forte affirmation « Pourquoi la France ? Parce que, sans elle, que serions-nous? »

Pages