Archives Editoriaux

Vers l’Europe des tribus ?

par Charles Saint-Prot (janvier 2013)

Alors que l’enjeu pour toutes les nations en développement et émergentes consiste à renforcer l’État de droit et consolider des institutions nationales compétentes et dynamiques ; alors que – comme lors de la crise de 1929 - les peuples redécouvrent le rôle indispensable de l’État face aux crises financières et économiques dues à un système qui prétendait substituer au gouvernement des hommes l’administration des choses, une curieuse mécanique de sape mettant à mal l’autorité et l’unité des États est toujours en action au sein de l’union européenne. Le risque de balkanisation vient d’être rappelé par le débat sur le séparatisme qui a dominé les élections régionales en Catalogne espagnole, le 25 novembre 2012.

Le Maroc au centre d’un axe Europe-Pays du Golfe arabe ?

par Charles Saint-Prot (novembre 2012)
 

Aujourd’hui, alors que les conséquences des révoltes arabes de l’année 2011 continuent à se faire sentir et certains pays connaissent le chaos ou d’autre une sorte de paralysie cadavérique, l’exception marocaine continue à se manifester, en particulier sur le plan international. Bénéficiant d’un statut avancé auprès de l’Union européenne, le Royaume chérifien attire d’autant plus les investissements directs étrangers que ceux-ci se sont détournés de la Tunisie et de l’Egypte. Compte tenu de la crise qui sévit dans l’Union européenne, le Maroc a tout intérêt à développer des partenariats complémentaires avec les monarchies pétrolières du Golfe arabe, qui offrent de grandes capacités d’investissement. C'est ainsi qu’il a signé, en décembre 2011, avec les pays membres du Conseil de Coopération du Golfe arabe (CCG) un partenariat stratégique prévoyant notamment le financement de projets de développement à hauteur de cinq milliards de dollars répartis sur cinq ans. 

Défense nationale, le prix de la liberté

par Charles Saint-Prot (septembre 2012)

Des griots de l'idéologie ultralibérale vantaient naguère les bienfaits d'une « mondialisation heureuse » qui devait apporter la paix, la prospérité et, même, le bonheur à l'humanité. 
 
Aujourd'hui, nous voyons bien que la globalisation des marchés et des technologies de l'information et de la communication n'a pas conduit à ce village planétaire où tout le monde devait être bon et gentil. Assurément, le monde n'est pas plus serein que jadis. Rien n'a changé, la politique internationale reste ce qu'elle a toujours été : un rapport de force entre des puissances. Ce qui change c'est simplement les acteurs principaux, certains sont menacés d'effacement, d'autres montent en puissance. Voici donc les pays dits émergents qui revendiquent leur place à la table des grands. À cet égard, la lutte pour le contrôle des matières premières, en particuliers les réserves énergétiques, est très significative. La Chine, l'Inde, d'autres, sont prêts à tout pour nourrir leur développement tandis que les anciennes puissances – États-Unis en tête – tentent de préserver les positions acquises. Entre les deux, la Russie résiste contre les manoeuvres états-uniennes visant à son endiguement, notamment au Caucase où l'enjeu pétrolier et gazier est considérable. Depuis Poutine, Moscou rend coup pour coup, nous en avons un exemple avec le soutien apporté aux régimes syrien et iranien. 

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