Archives Editoriaux

Le Maroc au centre d’un axe Europe-Pays du Golfe arabe ?

par Charles Saint-Prot (novembre 2012)
 

Aujourd’hui, alors que les conséquences des révoltes arabes de l’année 2011 continuent à se faire sentir et certains pays connaissent le chaos ou d’autre une sorte de paralysie cadavérique, l’exception marocaine continue à se manifester, en particulier sur le plan international. Bénéficiant d’un statut avancé auprès de l’Union européenne, le Royaume chérifien attire d’autant plus les investissements directs étrangers que ceux-ci se sont détournés de la Tunisie et de l’Egypte. Compte tenu de la crise qui sévit dans l’Union européenne, le Maroc a tout intérêt à développer des partenariats complémentaires avec les monarchies pétrolières du Golfe arabe, qui offrent de grandes capacités d’investissement. C'est ainsi qu’il a signé, en décembre 2011, avec les pays membres du Conseil de Coopération du Golfe arabe (CCG) un partenariat stratégique prévoyant notamment le financement de projets de développement à hauteur de cinq milliards de dollars répartis sur cinq ans. 

Défense nationale, le prix de la liberté

par Charles Saint-Prot (septembre 2012)

Des griots de l'idéologie ultralibérale vantaient naguère les bienfaits d'une « mondialisation heureuse » qui devait apporter la paix, la prospérité et, même, le bonheur à l'humanité. 
 
Aujourd'hui, nous voyons bien que la globalisation des marchés et des technologies de l'information et de la communication n'a pas conduit à ce village planétaire où tout le monde devait être bon et gentil. Assurément, le monde n'est pas plus serein que jadis. Rien n'a changé, la politique internationale reste ce qu'elle a toujours été : un rapport de force entre des puissances. Ce qui change c'est simplement les acteurs principaux, certains sont menacés d'effacement, d'autres montent en puissance. Voici donc les pays dits émergents qui revendiquent leur place à la table des grands. À cet égard, la lutte pour le contrôle des matières premières, en particuliers les réserves énergétiques, est très significative. La Chine, l'Inde, d'autres, sont prêts à tout pour nourrir leur développement tandis que les anciennes puissances – États-Unis en tête – tentent de préserver les positions acquises. Entre les deux, la Russie résiste contre les manoeuvres états-uniennes visant à son endiguement, notamment au Caucase où l'enjeu pétrolier et gazier est considérable. Depuis Poutine, Moscou rend coup pour coup, nous en avons un exemple avec le soutien apporté aux régimes syrien et iranien. 

Syrie : un enjeu géopolitique régional

par Charles Saint-Prot (juillet 2012)

 
Le "printemps arabe" a surtout été un slogan médiatique ne signifiant absolument rien si l'on veut bien considérer que la situation dans chaque pays n'est pas comparable. En tout état de cause, une alouette ne fait pas le printemps et il faudrait que l'on nous explique pourquoi ceux qui célèbrent à qui mieux mieux le prétendu printemps arabe n'évoquent jamais la situation dramatique du peuple palestinien ou celle de l'Irak détruit, menacé d'éclatement et, pour partie, en voie de colonisation par l'Iran. A vrai dire, il est possible de faire un bilan très mitigé des événements qui ont marqué la région depuis décembre 2010. Dans certains pays, en particulier en Tunisie et en Egypte, on ne peut que constater le chaos ou des risques de retour en arrière dans le cadre de tractations opportunistes entre diverses forces tentant de récupérer le mouvement. Dans d'autres pays, où toute forme d'aspiration au changement est étouffée, il règne un inquiétant immobilisme ou une répression sanglante comme en Syrie. 

Pages