Archives Editoriaux

Le Roi et le peuple

par Frédéric Rouvillois (mars 2012)

Tout au long de l'année 2011, les commentateurs se sont demandé comment le Maroc était parvenu à échapper aux tempêtes des crises arabes. Comment le royaume chérifien a-t-il réussi, non seulement à résister à la tourmente, mais à en profiter pour accélérer le processus de modernisation de l'État – lequel s'est traduit, dès le 1er juillet 2011, par l'adoption d'une nouvelle constitution, puis, le 25 novembre, par des élections législatives parfaitement conformes aux critères démocratiques ? A cet égard, on ne peut se contenter de constater l'existence d'une exception marocaine : encore faut-il l'expliquer. Or, la réponse à cette énigme figure, au moins en partie, dans le dernier ouvrage du politiste et islamologue Charles Saint-Prot, Mohammed V ou la monarchie populaire. 
 
L'auteur propose donc à la fois une réflexion sur les lois de la politique du Maroc et un passionnant document historique consacré à l'action de ce souverain (1927-1961), seul chef d'Etat étranger à avoir été admis dans l'ordre des Compagnons de la Libération, qui a marqué l'histoire de son pays en consolidant les bases d'une monarchie réformiste. 

Pour un projet euro-arabe

par Charles Saint-Prot (janvier 2012)

La région de la Méditerranée méridionale a connu depuis décembre 2010, des bouleversements très importants. On a parlé de « printemps arabe » ou d'effet domino, ce qui est davantage un slogan racoleur que la traduction exacte d'une situation objective. En effet, le monde arabe regroupe des réalités sociales, économiques et politiques très différentes, malgré des similitudes apparentes. Les dynamiques de révolte, de contestation ou de réforme diffèrent d'un pays à un autre. En revanche, ce qui est indéniable est l'évolution globale de cette région dont le paysage politique qui est en pleine recomposition. Dans ce contexte, la chute du régime de Kadhafi, qui doit tout aux efforts déployés par la France, est de première importance. Elle redessine un Maghreb nouveau – avec un Maroc stable et consolidé par sa réforme constitutionnelle du 1er juillet, une Tunisie régénérée et une Libye débarrassée d'un dictateur ubuesque– et laisse espérer une relance du grand projet d'Union pour la Méditerranée que certains, dont une Allemagne dépourvue de toute vision géopolitique d'envergure, voulaient enterrer. 

Situation dans la région de Tindouf

par Charles Saint-Prot (novembre - décembre 2011)

L'enlèvement de deux volontaires humanitaires espagnols et d'une Italienne près de Tindouf, le dimanche 23 octobre 2011, démontre que l'Algérie et le Polisario se sont pas en mesure d'assurer la sécurité des personnes des camps de Tindouf. 
 
Par ailleurs, à la suite de cette prise d'otages, les Nations unies ont décrété un blocus sécuritaire autour de Tindouf en relevant le niveau d'alerte et en décidant la suspension de toutes les patrouilles de nuit et activités de la MINURSO qui devra observer un couvre-feu « strict du crépuscule à l'aube ». 

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