Archives Editoriaux

Crise grecque : activisme chinois et paralysie eurocratique

par Charles Saint-Prot (novembre - décembre 2010)

Début octobre 2010, la Chine a confirmé sa participation au renflouement de la dette grecque et fait savoir qu’elle s’engageait à soutenir la Grèce dans ses emprunts futurs. Bien entendu, ce secours chinois au pays le plus endetté de l’Union européenne n’a rien de charitable. En effet, en même temps, on apprenait que Pékin et Athènes avaient signé deux accords-cadres sur les investissements chinois en Grèce et sur les échanges culturels entre les deux pays. 
 
Ces accords auront pour effet pour but d’accélérer les investissements chinois en Grèce, sachant que les entreprises chinoises ont déjà commencé à s’implanter d’une façon conséquente. Par exemple, plus de la moitié du port du Pirée, le principal port du pays, est géré par le géant maritime chinois China Ocean Shipping Company (COSCO); ce qui permet de sécuriser et de maîtriser directement un débouché stratégique pour les produits chinois en Europe en affaiblissant les barrières protectionnistes pour tenter de protéger le vieux continent de l’invasion des produits asiatiques. 

Un Irak éclaté livré à l’Iran ?

par Charles Saint-Prot (septembre - octobre 2010)

La déclaration de Barack Obama, annonçant la fin de la mission de combat en Irak et le retrait partiel des troupes d’occupation des Etats-Unis à la fin août 2010 n’est qu’un trompe-l’oeil. Outre les quelques 50 000 soldats qui restent officiellement en Irak, il faut ajouter les dizaines de milliers de «contractuels», c’est à dire des employés de sociétés privées de sécurité et pour être plus clair des mercenaires, qui travaillent sous les ordres de l’administration états-unienne. Le nombre de 132 000 avancé, en juin 2009, dans le rapport d’une commission parlementaire américaine (Commission on Wartime Contracting in Iraq and Afghanistan) devrait d’ailleurs être largement dépassé pour compenser le retrait des troupes régulières. 

La question de la sécurité au Sahel

par Charles Saint-Prot (avril 2010)

La Fédération africaine des études stratégiques présidée par l’universitaire marocain Mohammed Benhammou a organisé, du 28 au 30 janvier 2010, à Marrakech, la première grande réflexion africaine sur la sécurité en Afrique. Des représentants de plus de quarante pays africains et de très nombreux chercheurs, militaires et experts venus de France, des pays européens, d’Asie et des Etats-Unis ont participé à ce symposium international. 
 
Le sujet de la sécurité en Afrique est de première importance, notamment pour ce qui concerne la zone du Sahel. Une récente étude publiée par le Centre d’études et de recherche de l’École militaire (CEREM), coordonnée par l’amiral Jean Dufourcq indique qu’aux revendications territoriales ou culturelles traditionnelles, notamment pour l’accès à l’eau, à la terre, aux ressources naturelles, « s’ajoutent des difficultés nouvelles dans cette une région devenue cruciale, dont la conflictualité intrinsèque concerne directement la France… mais aussi l’Afrique tout entière ». 

Pages