Archives Editoriaux

Sud-Soudan : un nouveau facteur de déstabilisation en Afrique

par Charles Saint-Prot (janvier - février 2011)

A la suite du scrutin, qui s'est déroulé du 9 au 15 janvier 2011, le parti sécessionniste des provinces du sud a obtenu que le Soudan soit divisé en deux Etats distincts. Une séparation est toujours un échec, comme un divorce. Avec cette division, le Soudan perdra son rôle de pays trait d'union, entre l'Afrique musulmane et l'Afrique animiste, entre Arabes et non-arabes. 
 
L'ancienne puissance coloniale britannique avait tout fait pour nuire à l'unité du pays en entravant l'enseignement de l'arabe au Sud-Soudan au profit de l'anglais et en encourageant une christianisation sectaire. Les Etats-Unis et Israël avaient pris le relai en entretenant une rébellion séparatiste dont on a voulu faire croire qu'elle se fondait sur une opposition religieuse alors que les régions du sud sont moins chrétiennes qu'animistes et il n'y a jamais eu de discrimination religieuse au Soudan. Durant la guerre civile (1983-2005), plus de deux millions de Soudanais du sud s'étaient réfugiés au nord, à Khartoum ! 

Crise grecque : activisme chinois et paralysie eurocratique

par Charles Saint-Prot (novembre - décembre 2010)

Début octobre 2010, la Chine a confirmé sa participation au renflouement de la dette grecque et fait savoir qu’elle s’engageait à soutenir la Grèce dans ses emprunts futurs. Bien entendu, ce secours chinois au pays le plus endetté de l’Union européenne n’a rien de charitable. En effet, en même temps, on apprenait que Pékin et Athènes avaient signé deux accords-cadres sur les investissements chinois en Grèce et sur les échanges culturels entre les deux pays. 
 
Ces accords auront pour effet pour but d’accélérer les investissements chinois en Grèce, sachant que les entreprises chinoises ont déjà commencé à s’implanter d’une façon conséquente. Par exemple, plus de la moitié du port du Pirée, le principal port du pays, est géré par le géant maritime chinois China Ocean Shipping Company (COSCO); ce qui permet de sécuriser et de maîtriser directement un débouché stratégique pour les produits chinois en Europe en affaiblissant les barrières protectionnistes pour tenter de protéger le vieux continent de l’invasion des produits asiatiques. 

Un Irak éclaté livré à l’Iran ?

par Charles Saint-Prot (septembre - octobre 2010)

La déclaration de Barack Obama, annonçant la fin de la mission de combat en Irak et le retrait partiel des troupes d’occupation des Etats-Unis à la fin août 2010 n’est qu’un trompe-l’oeil. Outre les quelques 50 000 soldats qui restent officiellement en Irak, il faut ajouter les dizaines de milliers de «contractuels», c’est à dire des employés de sociétés privées de sécurité et pour être plus clair des mercenaires, qui travaillent sous les ordres de l’administration états-unienne. Le nombre de 132 000 avancé, en juin 2009, dans le rapport d’une commission parlementaire américaine (Commission on Wartime Contracting in Iraq and Afghanistan) devrait d’ailleurs être largement dépassé pour compenser le retrait des troupes régulières. 

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