Archives Editoriaux

La nouvelle carte américaine du Proche-Orient

par Charles Saint-Prot (octobre 2006)

Dès 1957, le Premier ministre israélien évoquait l’idée de dépecer le Liban sur des bases confessionnelles. Dans article publié, en février 1982, par la revue de l’Organisation sioniste mondiale Kivunim (Directions), sous le titre « Une stratégie pour Israël dans la décennie 1980 », un journaliste israélien qui avait travaillé pour le ministère israélien des Affaires étrangères, exposait que la stratégie d’Israël devait consister à favoriser l’éclatement des pays arabes sur des bases confessionnelles ou ethniques. Il soutenait que le plan de décomposition du Liban en petits cantons confessionnels, à laquelle les israéliens travaillaient depuis la fin des années 60 avec la complicité de certains extrémistes maronites, devait être appliquée à tout le monde arabe, notamment à l’Irak (trois Etats sunnite, kurde et chiite), à la Syrie (trois Etats alaouite, druze, sunnite), à la Jordanie (une partie pour les bédouins et l’autre pour les Palestiens) et à l’Arabie saoudite qui devait être amputée de ses provinces pétrolières et ramenée à une mosaïque tribale. Dans un entretien avec Paul Balta, dans Le Monde du 17 août 1982, un dirigeant irakiens, Tarek Aziz, prédisait « Pour que ce plan d’atomisation réussisse pleinement, il faut s’attaquer à la pièce maîtresse du dispositif, l’Irak, seul pays de la région qui possède en même temps l’eau et le pétrole et qui poursuit son développement avec détermination. Il faut donc commencer à ébranler l’Irak et c’est ce à quoi l’on s’emploie depuis plus de vingt ans …».

Renforcement du partenariat stratégique franco-saoudien

par Charles Saint-Prot (août 2006)

La visite à Paris, du 19 au 22 juillet 2006, du Prince Sultan Ibn Abdelaziz Al Saoud, Prince héritier et ministre de la Défense d'Arabie Saoudite, a constitué une nouvelle étape dans le renforcement du partenariat stratégique entre la France et l’Arabie saoudite. Le président de la République, Jacques Chirac, a exprimé le souhait de poursuivre le partenariat stratégique entre les deux pays par des consultations politiques approfondies et en participant notamment au développement des capacités saoudiennes de défense du Royaume. A l’occasion de la visite du Prince Sultan, la France et l'Arabie saoudite ont signé deux accords fixant le cadre de la coopération entre les deux pays en matière d'équipement militaire. Les programmes associés qui découlent de ces accords seront finalisés, pour certains d'entre eux, très rapidement, comme les hélicoptères ou les avions ravitailleurs Airbus et pour d'autres, plus tard, en fonction de l'avancement des discussions bilatérales. Il s'agirait en particulier des projets concernant l'avion de combat Rafale, les bâtiments de surface, les sous-marins et les chars Leclerc.

Liban : la responsabilité de la communauté internationale

par Zeina el Tibi (Juillet 2006)

Aujourd’hui, la communauté internationale assiste dans la plus totale indifférence au massacre du Liban. Le problème n’est pas de savoir qui est responsable des événements mais bien de constater qu’il s’agit d’une guerre globale préparée depuis longtemps et répondant à des calculs non-libanais. Selon l’analyste israélien Uri Avnery (http://www.avnery-news.co.il), le gouvernement israélien saisissant un prétexte, comme il l’avait fait lors de l’invasion du Liban en 1982, a pour objectif de mettre à la tête du Liban un gouvernement fantoche qui accepterait l’implantation des réfugiés palestiniens et signerait une paix séparée. Le Liban est, une fois de plus, pris en otage et victime d’opérations israéliennes qui visent d’autres objectifs que le motif allégué et sont manifestement disproportionnées et en totale violation du droit international. En effet, le droit international humanitaire exige que toute attaque soit soumise au principe de proportionnalité et soit limitée à l'usage de moyens et méthodes de combat adéquats au regard de l'objectif militaire visé. Tel n’est évidement pas le cas puisque les bombardements visent indistinctement des camions transportant des vivres et des médicaments, des ambulances, des maisons, des centres abritants des réfugiés (par exemple l’église du village de Aita al Fakhar, bombardée le 18 juillet), des sociétés de produits alimentaires ( par exemple, Liban-lait dans la Békaa), des quartiers populaires, des infrastructures civiles situées dans des régions où l’on n’a jamais vu un seul militant du Hezbollah, etc..

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