Archives Editoriaux

Liban : la responsabilité de la communauté internationale

par Zeina el Tibi (Juillet 2006)

Aujourd’hui, la communauté internationale assiste dans la plus totale indifférence au massacre du Liban. Le problème n’est pas de savoir qui est responsable des événements mais bien de constater qu’il s’agit d’une guerre globale préparée depuis longtemps et répondant à des calculs non-libanais. Selon l’analyste israélien Uri Avnery (http://www.avnery-news.co.il), le gouvernement israélien saisissant un prétexte, comme il l’avait fait lors de l’invasion du Liban en 1982, a pour objectif de mettre à la tête du Liban un gouvernement fantoche qui accepterait l’implantation des réfugiés palestiniens et signerait une paix séparée. Le Liban est, une fois de plus, pris en otage et victime d’opérations israéliennes qui visent d’autres objectifs que le motif allégué et sont manifestement disproportionnées et en totale violation du droit international. En effet, le droit international humanitaire exige que toute attaque soit soumise au principe de proportionnalité et soit limitée à l'usage de moyens et méthodes de combat adéquats au regard de l'objectif militaire visé. Tel n’est évidement pas le cas puisque les bombardements visent indistinctement des camions transportant des vivres et des médicaments, des ambulances, des maisons, des centres abritants des réfugiés (par exemple l’église du village de Aita al Fakhar, bombardée le 18 juillet), des sociétés de produits alimentaires ( par exemple, Liban-lait dans la Békaa), des quartiers populaires, des infrastructures civiles situées dans des régions où l’on n’a jamais vu un seul militant du Hezbollah, etc..

Le droit à la souveraineté

par Charles Saint-Prot (Juin 2006)

Après l’effondrement du bloc soviétique à la fin des années 80 du XXe siècle, les Etats-Unis ont acquis une position hégémonique sans aucun précédent dans toute l’histoire de l’humanité. Cette situation les a conduit à développer une nouvelle stratégie de domination mondiale, d’abord sous le couvert d’une globalization (mondialisation) qui n’est rien d’autre qu’une américanisation, ensuite, à partir de l’élection de George Bush en 2001, par la définition d’une diplomatie conçue dans les cercles des néoconservateurs et de l’extrême-droite chrétienne (les sectes évangélistes et autres chrétiens sionistes). Cette politique repose sur l’idée qu’il appartient aux Etats-Unis de construire un nouvel ordre international dominé par eux et selon leurs seuls intérêts.

Le nécessaire dialogue euro-arabe

par Charles Saint-Prot (avril 2006)

Le premier dialogue euro-arabe avait été noué en 1973 peu après la guerre d’octobre et le choc pétrolier auquel elle avait donné lieu. Ce dialogue affichait deux objectifs : consolider les liens entre les pays européens et le monde arabe qui est le premier fournisseur d’énergie ; réparer une absence de la communauté européenne sur la scène internationale. Pour diverses raisons, ce dialogue s’enlisa dans les années 1980-1981. En novembre 1995, les ministres des affaires étrangères des 15 Etats de l’Union européenne et de 12 Etats du Sud et de l’Est de la Méditerranée signaient une déclaration instituant un partenariat euro-méditerranéen. Dès le départ ce processus était fondé sur de mauvaises bases. Il s’agissait en somme de remplacer le dialogue euro-arabe par un prétendu partenariat avec une partie seulement des pays arabes, ceux de la Méditerranée (Algérie, Maroc, Tunisie, Egypte, Jordanie et Autorité Palestinienne, Liban et Syrie), auxquels on ajouta la Turquie et l’Etat d’Israël, ce qui n’était sans doute pas une bonne idée compte tenu du contexte de la crise israélo-arabe. Par ailleurs, ce partenariat déjà déséquilibré en 1995 alors que l’union européenne ne comptait que 15 membres, l’est devenu encore plus au fil des années quand l’Union européenne compta 25 membres et les pays du sud n’en comptèrent plus qu’une dizaine. 

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