Archives Editoriaux

Le droit à la souveraineté

par Charles Saint-Prot (Juin 2006)

Après l’effondrement du bloc soviétique à la fin des années 80 du XXe siècle, les Etats-Unis ont acquis une position hégémonique sans aucun précédent dans toute l’histoire de l’humanité. Cette situation les a conduit à développer une nouvelle stratégie de domination mondiale, d’abord sous le couvert d’une globalization (mondialisation) qui n’est rien d’autre qu’une américanisation, ensuite, à partir de l’élection de George Bush en 2001, par la définition d’une diplomatie conçue dans les cercles des néoconservateurs et de l’extrême-droite chrétienne (les sectes évangélistes et autres chrétiens sionistes). Cette politique repose sur l’idée qu’il appartient aux Etats-Unis de construire un nouvel ordre international dominé par eux et selon leurs seuls intérêts.

Le nécessaire dialogue euro-arabe

par Charles Saint-Prot (avril 2006)

Le premier dialogue euro-arabe avait été noué en 1973 peu après la guerre d’octobre et le choc pétrolier auquel elle avait donné lieu. Ce dialogue affichait deux objectifs : consolider les liens entre les pays européens et le monde arabe qui est le premier fournisseur d’énergie ; réparer une absence de la communauté européenne sur la scène internationale. Pour diverses raisons, ce dialogue s’enlisa dans les années 1980-1981. En novembre 1995, les ministres des affaires étrangères des 15 Etats de l’Union européenne et de 12 Etats du Sud et de l’Est de la Méditerranée signaient une déclaration instituant un partenariat euro-méditerranéen. Dès le départ ce processus était fondé sur de mauvaises bases. Il s’agissait en somme de remplacer le dialogue euro-arabe par un prétendu partenariat avec une partie seulement des pays arabes, ceux de la Méditerranée (Algérie, Maroc, Tunisie, Egypte, Jordanie et Autorité Palestinienne, Liban et Syrie), auxquels on ajouta la Turquie et l’Etat d’Israël, ce qui n’était sans doute pas une bonne idée compte tenu du contexte de la crise israélo-arabe. Par ailleurs, ce partenariat déjà déséquilibré en 1995 alors que l’union européenne ne comptait que 15 membres, l’est devenu encore plus au fil des années quand l’Union européenne compta 25 membres et les pays du sud n’en comptèrent plus qu’une dizaine. 

Caricature anti-musulmanes : les implications géopolitiques

par Charles Saint-Prot (février 2006)

L’affaire des caricatures du Prophète Mohammed publiées dans des journaux danois et norvégien suscite l’indignation des musulmans du monde entier tandis que certains médias, à l’instar de plusieurs autres publications européennes qui ont reproduit ces dessins, invoquent le sacro-saint droit à la liberté d’expression. On nous dit que l’enjeu serait « l'équilibre et les limites mutuelles, en démocratie, entre le respect des croyances religieuses et la liberté d'expression ». Une fois de plus, l’occidentalo-centrisme se manifeste d’une manière arrogante et inutilement blessante en se drapant dans les idées des Lumières. On peut se demander si le meilleur moyen de servir la cause de ces idées est de se livrer à des atteintes outrancières contre la foi de plus d’un milliard d’hommes et à des rapprochements contestables entre Islam et terrorisme comme l’ont fait les auteurs de ces caricatures. Ce n’est pas en insultant que l’on consolide ses propres valeurs.

Pages