Archives Editoriaux

Mohamed VI l’Africain

Par Jean-Yves de Cara - mars 2014

La visite du Roi Mohammed VI au Mali a marqué la première étape d'une tournée africaine  qui a conduit le Souverain en Côte d’Ivoire, en Guinée Conakry et au Gabon, du 18 février au 6 mars 2014. Ce voyage s’inscrit dans la ligne de l’ « esprit de Casablanca » qui, à l’initiative de Mohammed V, avait réuni en 1961 les principaux dirigeants africains pour jeter les bases de ce qui allait devenir l’OUA. Elle atteste de la volonté, déjà exprimée par Hassan II, de faire de l’Afrique une priorité de la diplomatie marocaine. Elle illustre de façon réaliste la solidarité effective entre les Etats africains que le Roi Mohammed VI avait rappelée lors de l’ouverture du forum d’Assilah relatif au projet d’Etats-Unis d’Afrique en 2006. 

 

L’Egypte vers une réforme constitutionnelle

L’Egypte vers une réforme constitutionnelle

Par Charles Saint-Prot. Janvier 2014 

C’est peu que de dire que la version égyptienne du « printemps arabe », avec pour point de départ la révolution du 25 janvier 2011 et la chute du Président Moubarak, n’a pas été jusqu’ici de tout repos. Après une brève période d’euphorie, le pays était entré dans une phase de tumultes et d’incertitude– en dépit de l’élection d’un nouveau président, Mohamed Morsi, investi en juin 2012, puis (l’ordre chronologique étant en soi tout à fait révélateur du problème) de l’adoption d’une nouvelle constitution par le référendum des 15 et 22 décembre. En somme, on a commencé par désigner un Président sans savoir quels seraient son rôle et ses attributions, ce qui s’est traduit en pratique par une situation chaotique, une succession de tentatives pour prendre, ou reprendre, le dessus, et un Chef de l’Etat que les observateurs qualifiaient tantôt de « fantôme » ,  tantôt de despote, lorsqu’avec le « décret constitutionnel » du 12 août, celui-ci parvint à abroger la « Déclaration constitutionnelle complémentaire » qui visait à limiter ses prérogatives. Une situation à peine améliorée avec l’adoption, en décembre 2012, d’une constitution que l’universitaire Wagdi Sabete qualifiait lors d’une récente table ronde tenue au Centre culturel égyptien de Paris de « constitution sui generis » - indiquant par là qu’elle ne ressemblait pas à grand-chose, et qu’on aurait eu bien du mal à la faire entrer dans l’une des catégories classiques du droit constitutionnel. 

L'enjeu géopolitique de la Francophonie

Par Charles Saint-Prot (novembre 2013) 

Contrairement aux allégations des habituels champions du renoncement, la langue française est bien vivante dans le monde. Il n’y a guère que certaines prétendues élites parisiennes, hauts fonctionnaires, diplomates et autres  hommes d’affaires, qui ont fait de la démission et de la soumission une règle de conduite pour considérer qu’il serait du meilleur chic de s’exprimer en anglais et la francophonie serait une préoccupation désuète et un combat d’arrière-garde. Si le français recule comme langue de travail dans le cercle, à vrai dire étroit, des organisations régionales et internationales, c’est principalement à cause de la négligence des élites précitées qui ne défendent jamais leur langue tant elles adhèrent aveuglément à une doxa européiste fondamentalement hostile aux nations et à tous les signes de souveraineté. Il est inadmissible que les fonctionnaires, les universitaires, les scientifiques ou les parlementaires français ne fassent pas les rappels à l’ordre qui s’imposent lorsqu’on tente d’imposer des travaux uniquement en langue anglaise dans des instances où le français est officiellement reconnu comme langue de travail (ONU, OCDE, OTAN, Conseil de l’Europe, parlement européen, commission européenne, etc.). En revanche, s’il y a défaillance au sommet, l’expansion est indéniable dans les populations. 

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