Archives Editoriaux

L'enjeu géopolitique de la Francophonie

Par Charles Saint-Prot (novembre 2013) 

Contrairement aux allégations des habituels champions du renoncement, la langue française est bien vivante dans le monde. Il n’y a guère que certaines prétendues élites parisiennes, hauts fonctionnaires, diplomates et autres  hommes d’affaires, qui ont fait de la démission et de la soumission une règle de conduite pour considérer qu’il serait du meilleur chic de s’exprimer en anglais et la francophonie serait une préoccupation désuète et un combat d’arrière-garde. Si le français recule comme langue de travail dans le cercle, à vrai dire étroit, des organisations régionales et internationales, c’est principalement à cause de la négligence des élites précitées qui ne défendent jamais leur langue tant elles adhèrent aveuglément à une doxa européiste fondamentalement hostile aux nations et à tous les signes de souveraineté. Il est inadmissible que les fonctionnaires, les universitaires, les scientifiques ou les parlementaires français ne fassent pas les rappels à l’ordre qui s’imposent lorsqu’on tente d’imposer des travaux uniquement en langue anglaise dans des instances où le français est officiellement reconnu comme langue de travail (ONU, OCDE, OTAN, Conseil de l’Europe, parlement européen, commission européenne, etc.). En revanche, s’il y a défaillance au sommet, l’expansion est indéniable dans les populations. 

Egypte : tout reste à faire

Par Charles Saint-Prot (septembre 2013)

Depuis la démission d’Hosni Moubarak, en février 2011, sous la pression populaire, l’Egypte connait une crise dont les derniers développements à l’été 2013 étaient somme toute prévisibles au regard de la situation interne et des enjeux géopolitiques régionaux. Ce qu’une certaine propagande occidentale avait bien hâtivement qualifié de « printemps arabe » n’a été qu’une suite de révolutions avec tous les aléas de ce genre de situation dont on sait à peu près comment elles commencent mais jamais comment ça finit. En Egypte comme ailleurs, profitant du vide créé par l’effondrement de  l’ancien régime, la seule organisation bien structurée, les Frères musulmans, a tiré les marrons du feu. Contrairement à ce que prétendent les amateurs de slogans réducteurs, on ne peut pas dire qu’ils ont fait main-basse sur le printemps arabe puisqu’il n’a jamais eu un tel printemps que dans l’imagination de quelques faiseurs d’opinion occidentaux. En tout cas, un président représentant la confrérie, Mohammed Morsi, a été élu en juin 2012, c’est le même qui a été destitué par l’armée, le 3 juillet 2013, à la suite de manifestations populaires réunissant plusieurs millions de personnes.

Alger contre la coopération maghrébine

Par Charles Saint-Prot (juillet - août 2013)

Lors d’une récente visite en Tunisie, j’ai pu constater l’amertume des dirigeants du monde économique, chefs d’entreprises ou syndicalistes, face à la paralysie de l’intégration maghrébine. On sait que l’absence d’union représente chaque année une perte de près de deux points de croissance pour les pays concernés.

La principale cause de cette situation est connue, il s’agit du différend algéro-marocain du fait de l’action d’Alger en faveur du séparatisme au Sahara marocain.

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