Archives Editoriaux

En attendant le vrai printemps arabe

On a parlé de « printemps arabe » ou de « révolution du jasmin » en Tunisie. Il faut se méfier des expressions toutes faites qui ne sont que des slogans publicitaires concoctés dans des officines spécialisées qui, en l’espèce, suivent les techniques de la soft subversion imaginée par Gene Sharp. Le « printemps arabe » fait penser aux « révolutions de couleur » dans l’Europe et l’Asie centrales post-soviétiques. Il est tout aussi vide de sens, tout juste destiné à entretenir le mythe de révolutions populaires, romantiques et spontanées. Or, ce ne sont que très exceptionnellement les peuples qui font les révolutions, mais bien des groupes ou des forces organisées, parfois manipulés de l’extérieur. Depuis la révolution en Iran, en 1979, le scénario ne cesse de se répéter : des contestataires d’extrême gauche (le Toudeh iranien) alliées à des groupes ultra-religieux font tomber des régimes fatigués lâchés par les États-Unis qui neutralisent le commandement militaire et, fait plus récent, manipulent des associations (NED, NDI, Open Society Institute de G. Soros…) chargées de former des cyberdissidents chargés de diffuser les mots d’ordre et les slogans.

Vers l’Europe des tribus ?

par Charles Saint-Prot (janvier 2013)

Alors que l’enjeu pour toutes les nations en développement et émergentes consiste à renforcer l’État de droit et consolider des institutions nationales compétentes et dynamiques ; alors que – comme lors de la crise de 1929 - les peuples redécouvrent le rôle indispensable de l’État face aux crises financières et économiques dues à un système qui prétendait substituer au gouvernement des hommes l’administration des choses, une curieuse mécanique de sape mettant à mal l’autorité et l’unité des États est toujours en action au sein de l’union européenne. Le risque de balkanisation vient d’être rappelé par le débat sur le séparatisme qui a dominé les élections régionales en Catalogne espagnole, le 25 novembre 2012.

Le Maroc au centre d’un axe Europe-Pays du Golfe arabe ?

par Charles Saint-Prot (novembre 2012)
 

Aujourd’hui, alors que les conséquences des révoltes arabes de l’année 2011 continuent à se faire sentir et certains pays connaissent le chaos ou d’autre une sorte de paralysie cadavérique, l’exception marocaine continue à se manifester, en particulier sur le plan international. Bénéficiant d’un statut avancé auprès de l’Union européenne, le Royaume chérifien attire d’autant plus les investissements directs étrangers que ceux-ci se sont détournés de la Tunisie et de l’Egypte. Compte tenu de la crise qui sévit dans l’Union européenne, le Maroc a tout intérêt à développer des partenariats complémentaires avec les monarchies pétrolières du Golfe arabe, qui offrent de grandes capacités d’investissement. C'est ainsi qu’il a signé, en décembre 2011, avec les pays membres du Conseil de Coopération du Golfe arabe (CCG) un partenariat stratégique prévoyant notamment le financement de projets de développement à hauteur de cinq milliards de dollars répartis sur cinq ans. 

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