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La centralité de la crise palestinienne
par Charles Saint-Prot (janvier-février 2009)
Après la terrible guerre de Gaza (décembre 2008-janvier 2009) au cours de laquelle l’armée israélienne a dépassé toutes les limites et a
violé du droit humanitaire et même commis des crimes de guerre, selon, les organisations internationales les plus impartiales, la situation
est revenue au point de départ.
L’agitation de certains pays qui, l’instar de l’Iran, poursuivent des objectifs douteux et s’emploient à jeter de l’huile sur le feu en
étant prêts à se battre jusqu’au dernier Palestinien, va très précisément dans le sens des intérêts des extrémistes israéliens qui ne
veulent pas la paix. Il est clair que violence militaire et jusqu’auboutisme conduisent à une impasse dont le peuple palestinien fait les
frais. Cette situation menace la stabilité de toute la région et profite aux mouvements radicaux.
Après son investiture, le 20 janvier 2009, le nouveau président des Etats-Unis Barack Obama a déclaré que les crises d’Irak et
d’Afghanistan ont une influence négative sur le règlement de la crise arabo-israélienne. A vrai dire, le président Obama prend le problème
à l’envers car il sous-estime la centralité de la crise palestinienne. C’est bien l’injustice dont le peuple palestinien est victime depuis
la fin de la seconde guerre mondiale et l’incapacité de la communauté internationale à faire reconnaitre ses droits nationaux qui nourrit
le ressentiment et les frustrations des peuples arabe et musulmans, alimentant des crises multiples et faisant le jeu des extrémistes de
toute sorte.
Certes, le président Obama a nommé un émissaire spécial pour le Proche-Orient, George Mitchell, et il a déclaré qu’il n'attendra pas la fin
de sa présidence « pour se s’occuper de la paix entre Palestiniens et Israéliens ». Mais l’expérience des nombreux envoyés spéciaux nommés
par les présidents des Etats-Unis peut laisser sceptique. De fait, la question de la Palestine ne peut être laissée au bon (ou au mauvais)
vouloir d’une seule puissance dont les liens étroits avec l’un des belligérants permettent de suspecter l’impartialité. Alors qu’il est
indispensable de mettre fin à un conflit qui n’a que trop duré, la construction d’une paix juste et durable doit impliquer toute la
communauté internationale. C’est très précisément ce qu’a dit le président de la république française Nicolas Sarkozy, qui, par ailleurs,
a été le seul chef d’Etat occidental à déployer des efforts considérables pour tenter de faire cesser le massacre de Gaza.
Lors de la réunion de Charm el cheikh, le 18 janvier, la France et les grands Etats européens se sont réunis avec les pays arabes pour
consolider la trêve à Gaza et surtout examiner les chances d’une relance d’un processus de paix. Cet effort des pays européens doit se
poursuivre car ils ont un rôle à jouer dans la construction de la paix en liaison avec les pays arabes qui, il faut le rappeler,
ont proposé depuis 2002 une initiative fondée sur les résolutions des Nations unies. Actuellement, le plan de paix arabe constitue
la seule base sérieuse d’un règlement global qui permettrait de faire du Proche-Orient une zone de paix, de coopération et de
développement. Mais, comme l’a souligné le roi Abdallah d’Arabie saoudite, lors de la rencontre des dirigeants arabes à Koweït, le 19
janvier, il est temps qu’Israël comprenne que « le choix entre la paix et la guerre ne sera pas ouvert éternellement. L’initiative de paix
proposée actuellement ne le sera pas toujours ».
Dans ces conditions, on ne peut qu’approuver le président Sarkozy lorsqu’il déclare « Il faut en quelque sorte profiter de cette crise
pour remettre sur la table l'idée d'une grande conférence qui permettrait de poser les bases d'une paix durable ». Il est grand temps.
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