La France et l'Irak


par Charles Saint-Prot (juillet - août 2009)

 
La visite du Premier ministre français en Irak au lendemain du retrait des troupes d’occupation américaines des grandes villes, le 10 juillet 2009, a marqué la volonté de Paris de reconstruire un partenariat avec Bagdad. 
 
Il doit être clair que cet objectif légitime ne saurait être atteint à n’importe quel prix. Cela signifie qu’il ne peut pas être question de venir jouer les utilités au profit des États-Unis qui ne savent comment sortir de l’impasse dans laquelle ils se sont enfermés. Il ne s’agit pas non plus de cautionner en tout point un régime gangrené par le sectarisme confessionnel et la corruption, dont le sort est lié, d’une part, à la présence des troupes américaines et de dizaines de milliers de mercenaires et, d’autre part, au bon vouloir du régime iranien. 
 
C’est en se fondant sur sa traditionnelle politique arabe et forte de son opposition à l’agression américaine de 2003, que la France devra retrouver une politique irakienne sans complexe et sans compromis. Cela signifie que le rôle de la France consiste à accompagner la reconstruction de l’Irak dans la voie du retour à la pleine indépendance nationale, laquelle passe par le départ de toutes les troupes d’occupation et la cessation de l’ingérence iranienne ; de la préservation de l’unité nationale et de la solidarité de l’Irak avec le reste de la nation arabe; de la réconciliation nationale et de restauration d’un État national qui fera place aux forces politiques patriotiques non sectaires, non confessionnelles et laïques, y compris la Résistance nationale.