Le Maroc émergent, un partenaire irremplaçable pour la France

Par Charles Saint-Prot novembre 2014

Lorsque nous évoquions l’exception marocaine  lors des agitations qui avaient gagné un bon nombre de pays arabes en 2011, nous ne pensions pas que l’avenir nous donnerait raison aussi vite. Aujourd’hui, nous voyons bien combien ces agitations ont eu des conséquences néfastes sur le développement économique, en particulier en Tunisie et en Egypte. D’autres pays arabes stagnent dans un inquiétant immobilisme, ils sont figés dans le carcan de systèmes opaques, clientélistes et usés, menacés à tout moment de s’écrouler dans la violence.

A contrario, le Royaume du Maroc fait partie du petit nombre de ceux qui progressent. Sous l'impulsion volontariste du Roi Mohammed VI, face aux durs défis du monde moderne et dans le contexte des crises régionales, le Maroc tient le cap d'un projet global ayant pour objectif un plus grand développement politique, social, économique et une modernisation profonde, touchant par capillarité les structures profondes du pays dans le respect des traditions et de l’identité nationales.

C’est ainsi que sur le plan politique, les dernières années ont été placées sous le signe de la consolidation du consensus national autour de la Monarchie et du renforcement d'institutions adaptées au monde en évolution et de la consolidation d'un Etat de droit où se trouve  respecté  le droit interne et reflété au mieux le droit international pour ce qui concerne les droits civils, humains, sociaux et culturels des citoyens.

Sur  le plan économique, le Royaume a franchi des étapes décisives en modernisant ses infrastructures, en attirant des investisseurs et des partenaires internationaux de premier plan (Renault, Bombardier, Lafarge), en promouvant de vastes projets de la Méditerranée à la frontière mauritanienne, de Tanger à Dakhla et Lagouira. Parmi les projets les plus emblématiques, il faut citer Tanger-Med, les énergies renouvelables, l'industrialisation,  les nouvelles technologies, le futur complexe de Dakhla Atlantique ou encore le développement d’un secteur tertiaire innovant.

La Monarchie a été le moteur de ces initiatives concernant l'économie et le développement social. C’est grâce au temps long que permet une vision politique qui n’est pas otage des événements immédiats ou des pressions médiatiques qu’a eu lieu l’ouverture sur tous les fronts de  chantiers qui vont permettre de réussir le pari du développement global et durable. A cet égard, on ne peut oublier le rôle essentiel du Souverain pour faire avancer la condition de la femme, que ce soit avec le nouveau Code de la famille, l'action en faveur des plus démunies ou la nomination de nombreuses femmes aux plus hautes fonctions de l'Etat

Certes il reste beaucoup à faire parce que la vie d’une nation est un combat toujours à recommencer. Mais il y a plus de chance de remporter des victoires et d’être au rendez-vous avec l’histoire lorsqu’il y a une volonté précise et un projet clair axé sur le long terme et partagé par toutes les forces vives de la nation.  Il est indéniable que le Maroc a un cap ; il sait où il va parce qu’il a un pilote déterminé. Au sud de la Méditerranée et même dans l’ensemble du monde actuel, cela est suffisamment rare pour mériter d’être souligné.

Dans ces conditions, il est possible d'affirmer que le Maroc est devenu un pays émergent. En même temps, c’est une puissance diplomatique incontournable en raison de son rôle central pour la stabilité au sud de la Méditerranée et d’une ambitieuse politique africaine.

C’est dire ici combien le Maroc est un partenaire d’exception et irremplaçable pour la France. Parce que l’avenir de la France est au sud de la Méditerranée, dans le monde arabe et en Afrique, elle a plus que jamais besoin d’une relation forte avec le Maroc afin de  poursuivre et enrichir une coopération exemplaire fondée sur une amitié historique, une vision commune et des complémentarités prometteuses. C’est pourquoi le souci bien compris de l’intérêt national doit conduire l’actuel pouvoir politique à déjouer les manœuvres de tous les  lobbies anti-marocains, notamment quand il s’avère qu’ils sont activés par des pays qui, le moins qu’on puisse dire, sont loin de présenter les mêmes qualités de loyauté et d’amitié constante que celles offertes par le Royaume du Maroc.