Le nécessaire rapprochement saoudo-syrien


par Charles Saint-Prot (octobre - novembre 2009)

 
La visite du roi Abdallah d’Arabie saoudite à Damas, le 7 octobre 2009, a marqué une nouvelle étape des efforts du souverain saoudien pour resserrer les rangs arabes. Cette première visite du Roi en Syrie depuis son accession au trône en 2005, a eu pour objectif de mettre fin aux divergences entre les deux pays qui se sont opposés sur plusieurs dossiers régionaux, notamment le Liban, ainsi que sur les liens de la Syrie avec l'Iran. Plus récemment, le 23 septembre, le président syrien Bachar al Assad, avait visité l'Arabie saoudite pour assister à l'inauguration de la nouvelle université de technologie. Par ailleurs, la Syrie, inquiète de l’isolement et de l’opprobre qui frappe son –de plus en plus encombrant- allié iranien, cherche à se réinsérer dans le jeu régional et international. 
 
C’est dans ce contexte, que le Roi et le président syrien sont convenus d’intensifier les relations entre les deux grands Etats arabes et de « promouvoir la coopération dans les domaines économique, commercial, douanier et financier ». La réunion a surtout porté sur les dossiers régionaux qui préoccupent le monde arabe. Les deux parties ont insisté sur la nécessité de venir en aide au peuple palestinien « confronté aux agressions israéliennes et aux tentatives de judaïser la sainte ville d'Al Aqsa ». Elles ont affirmé la nécessité de préserver « la sécurité, la stabilité, l'arabité et l'unité de l'Irak ». Elles ont appelé à la réalisation de la réconciliation nationale « prélude à un Irak indépendant, libre et évolué ». Elles ont également exprimé leur intention d'aider le gouvernement yéménite à assurer la paix et la stabilité du pays et à lutter contre les troubles et les dissensions qui menacent l'intégrité de son territoire. Enfin, Riyad et Damas se sont rapprochés sur le dossier libanais en exprimant leur volonté commune d’oeuvrer de concert pour assurer l'unité du peuple libanais, la stabilité du pays et la formation d'un gouvernement d'unité nationale qui est « la base de la stabilité, de l'unité et de la force du Liban » et le meilleur moyen d’assurer la stabilité du pays du Cèdre. 
 
Il est clair que l'amélioration des relations saoudo-syrienne, qui doit beaucoup à la sagesse du Roi Abdallah, ne peut qu’avoir des conséquences positives pour toute la nation arabe et elle devrait se répercuter d'une manière positive sur les questions régionales.