Le Polisario au service de Kadhafi


par Charles Saint-Prot (mai - juin 2011)

 
Le chef du groupe séparatiste du Polisario, sponsorisé par le régime algérien, a accusé la France d'intervenir militairement en Côte d'Ivoire et en Libye lors d'une déclaration, le 24 avril 2011, à l'agence algérienne de presse (APS) principal relai médiatique dont dispose les séparatistes marocains. 
 
Cette déclaration ne manque pas de sel si l'on se réfère aux informations rapportées par de nombreux journaux qui affirment que les miliciens du Polisario se sont mis au service du régime de Kadhafi pour réprimer le peuple libyen en lutte pour sa liberté. Ainsi, le grand quotidien britannique, Daily Telegraph, rapportait dans sa livraison du 21 avril que « la majorité des mercenaires recrutés par le régime du colonel Mouammar Kadhafi sont membres du Polisario ». Le quotidien britannique a précisé que l'accord a été passé à Alger et porte sur le recrutement de 450 miliciens du Polisario. Le Daily Telegraph a également rappelé que les opposants libyens accusent les mercenaires d'être responsables des pires crimes, y compris l'assassinat de femmes et d'enfants qui pourraient conduire à des poursuites devant la justice internationale. 
 
Pour le Polisario ce n'est qu'un retour aux origines puisque ce groupe terroristo-activiste a été parrainé à son origine dans les années 1970 par le régime de Kadhafi en concertation avec celui de Boumediene. Si l'on veut bien considérer que le Polisario a également des liens avec les terroristes d'Al Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), force est de reconnaître que cette créature du régime algérien est bien l'un des principaux facteurs de déstabilisation et de menace terroriste qui plane sur la région. C'est d'ailleurs la conclusion d'un rapport publié le 20 janvier par le Hudson Institute, un centre de recherche et d'influence états-unien basé à Washington, qui met en avant la nécessité « impérieuse » de trouver un règlement définitif à la question du Sahara marocain. 
 
Plus que jamais, il est donc indispensable de mettre un terme à un conflit qui n'est qu'un reliquat de la guerre froide et ne repose que sur la volonté d'Alger de déstabiliser son voisin marocain au lieu de s'employer à coopérer pour construire l'indispensable intégration maghrébine. Tout le monde connaît la solution : elle réside dans l'adoption par la communauté internationale du plan marocain d'autonomie, lequel plan fait d'ailleurs l'objet d'un soutien de la plupart des grandes puissances –dont les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne– et la quasi-totalité du monde arabe.