Mali - Trois victimes collatérales

Par Charles Saint-Prot

Devant la menace d’un effondrement de l’Etat malien face à une nouvelle attaque des groupes terroristes (AQMI, Ansar Dîn et MUJAO) qui, après avoir éliminés les partis touaregs, occupent la partie septentrionale du pays depuis mars 2012, la France a décidé d’intervenir, le 11 janvier 2013, en s’appuyant sur la résolution 2085 votée à l’unanimité, grâce aux efforts du Maroc, au conseil de sécurité des Nations-unies, le 19 décembre 2012. En effet, profitant de la lenteur à mettre en place une force de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et des atermoiements de certaines Etats, les groupes terroristes marchaient sur la bourgade de Mopti. La chute de cette localité stratégique pouvait leur ouvrir la voie vers Bamako avec pour résultat l’effondrement de l’Etat et une « somalisation » du Mali. Il n'était évidemment pas possible de laisser se développer aux portes de l'Europe un État terroriste acoquiné avec les narcotrafiquants et toutes sortes de mafias.
 
Il convenait donc de répondre, sans tergiverser, à l’appel au secours des autorités maliennes. Sur ce pont, la position claire de la France au service de la
légalité internationale tranche avec les attitudes mitigées et pour tout dire fort peu compréhensibles d’autres pays. En tout cas, l’intervention française au Mali a fait trois victimes collatérales.