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Vers un processus de paix au Proche-Orient?

par Charles Saint-Prot (août 2007)

Alors que la politique des Etats-Unis en Irak fait l'objet de critiques de plus en plus vives, George W. Bush, soucieux de faire oublier ses déboires en Irak où l’armée d’occupation américaine est embourbée, a tenté, le 16 juillet 2007, de reprendre l'initiative au Proche-Orient, en appelant à une conférence internationale à l'automne pour lancer des pourparlers de paix israélo-arabes. Il a indiqué que la conférence serait dirigée par la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice et ouverte à tout pays de la région favorable à une solution au conflit israélo-palestinien comprenant deux Etats séparés. Fin juillet-début août, Mme Rice et le secrétaire d’Etat à la défense Robert Gates ont effectué une tournée au Proche-Orient où ils ont successivement rencontré les dirigeants de l’Egypte, de l’Arabie saoudite, de Jordanie, de l’Autorité palestinienne et d’Israël. Les parties arabes se sont déclarées favorables à la tenue d’une telle conférence à condition qu’elle ne soit pas une nouvelle réunion de discussions sans lendemain et conduise à une paix juste et complète par l'application des résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies. Le ministre des Affaires étrangères saoudien, le prince Saoud al Fayçal a précisé aux deux ministres des Etats-Unis qu’il est indispensable de résoudre le conflit israélo-arabe et de donner un statut final à l’Etat palestinien pour mettre également un terme à de nombreuses autres tensions régionales entretenues par ce conflit. Le chef de la diplomatie saoudienne a également rappelé que les Arabes ont manifesté leur volonté de faire avancer un processus en adoptant une initiative de paix dès 2002 (au Sommet arabe de Beyrouth), puis lors du Sommet arabe de Riad en mars 2007. Le plan arabe de paix repose sur des principes clairs : l’établissement d’une paix juste et durable et la normalisation des relations israélo-arabes en échange de la restitution de tous les territoires arabes occupés ; la création d’un Etat palestinien viable et indépendant dans les frontières de 1967, donc avec la partie arabe de Jérusalem ; le démantèlement des colonies israéliennes et le règlement de la question des réfugiés palestiniens. Il est notable que le plan arabe, qui est actuellement la seule proposition concrète sur la table diplomatique, ne demande pas l’impossible mais s’inscrit dans la stricte application du droit international et des résolutions des Nations Unies. La proposition des Etats-Unis conduit à poser deux questions. La première consiste à savoir si les Israéliens sont prêts à négocier sincèrement et à accepter enfin la création d’un Etat palestinien viable et souverain ou s’ils vont continuer à tergiverser. La seconde question renvoie aux véritables intentions de l’administration Bush. Son objectif est-il de donner un ballon d’oxygène à elle-même et à un gouvernement israélien (Olmert) et une Autorité palestinienne (Abbas) à bout de souffle ou bien d’engager un processus global visant à résoudre vraiment la crise qui perdure depuis des décennies ? A cet égard, l’initiative des Etats-Unis gagnerait en crédibilité si elle associait toutes les parties directement concernées ainsi que les pays membres de l’Union européenne, la Russie et les Nations Unies. En effet, l’enjeu n’est pas d’imposer une sorte de pax americana mais une paix durable dans l’intérêt de tous les peuples de la région et de la sécurité internationale ; c’est pourquoi seule une large implication de la communauté internationale pourrait permettre de donner toutes les garanties nécessaires à une conférence de la paix. Par ailleurs, on voit mal comment une paix solide et durable pourrait s’instaurer au Proche-Orient sans résoudre la crise résultant de l’occupation de l’Irak. La fin de l’occupation et des ingérences étrangères, en particulier celle de l’Iran, est la condition de la préservation de l’unité et de la restauration de la souveraineté de ce pays, lesquelles sont indispensables à la stabilité régionale.

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