printemps arabe

L’Egypte vers une réforme constitutionnelle

L’Egypte vers une réforme constitutionnelle

Par Charles Saint-Prot. Janvier 2014 

C’est peu que de dire que la version égyptienne du « printemps arabe », avec pour point de départ la révolution du 25 janvier 2011 et la chute du Président Moubarak, n’a pas été jusqu’ici de tout repos. Après une brève période d’euphorie, le pays était entré dans une phase de tumultes et d’incertitude– en dépit de l’élection d’un nouveau président, Mohamed Morsi, investi en juin 2012, puis (l’ordre chronologique étant en soi tout à fait révélateur du problème) de l’adoption d’une nouvelle constitution par le référendum des 15 et 22 décembre. En somme, on a commencé par désigner un Président sans savoir quels seraient son rôle et ses attributions, ce qui s’est traduit en pratique par une situation chaotique, une succession de tentatives pour prendre, ou reprendre, le dessus, et un Chef de l’Etat que les observateurs qualifiaient tantôt de « fantôme » ,  tantôt de despote, lorsqu’avec le « décret constitutionnel » du 12 août, celui-ci parvint à abroger la « Déclaration constitutionnelle complémentaire » qui visait à limiter ses prérogatives. Une situation à peine améliorée avec l’adoption, en décembre 2012, d’une constitution que l’universitaire Wagdi Sabete qualifiait lors d’une récente table ronde tenue au Centre culturel égyptien de Paris de « constitution sui generis » - indiquant par là qu’elle ne ressemblait pas à grand-chose, et qu’on aurait eu bien du mal à la faire entrer dans l’une des catégories classiques du droit constitutionnel. 

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