printemps arabe

Egypte : tout reste à faire

Par Charles Saint-Prot (septembre 2013)

Depuis la démission d’Hosni Moubarak, en février 2011, sous la pression populaire, l’Egypte connait une crise dont les derniers développements à l’été 2013 étaient somme toute prévisibles au regard de la situation interne et des enjeux géopolitiques régionaux. Ce qu’une certaine propagande occidentale avait bien hâtivement qualifié de « printemps arabe » n’a été qu’une suite de révolutions avec tous les aléas de ce genre de situation dont on sait à peu près comment elles commencent mais jamais comment ça finit. En Egypte comme ailleurs, profitant du vide créé par l’effondrement de  l’ancien régime, la seule organisation bien structurée, les Frères musulmans, a tiré les marrons du feu. Contrairement à ce que prétendent les amateurs de slogans réducteurs, on ne peut pas dire qu’ils ont fait main-basse sur le printemps arabe puisqu’il n’a jamais eu un tel printemps que dans l’imagination de quelques faiseurs d’opinion occidentaux. En tout cas, un président représentant la confrérie, Mohammed Morsi, a été élu en juin 2012, c’est le même qui a été destitué par l’armée, le 3 juillet 2013, à la suite de manifestations populaires réunissant plusieurs millions de personnes.

Pages